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 La Taverne

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Gabrielle
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MessageSujet: La Taverne   Ven 6 Juin - 23:42

Description du lieu


Ici se réunissent tous les poivrots des bas fonds de Londres. Les conversations ne volent pas haut, les rires gras résonnent de tous côtés. Le patron ne s'en plaint pas, ces grosses barriques sont son gagne-pain !
Mais avec un peu de chance peut-être pourrez-vous discuter avec des gens intéressants... Paraitrait qu'certains braillent des trucs sur des pommes magiques... J'vous jure ! Yen a faut qu'y s'calme sur la boisson ! Hips !



Image : Peter Pan de Loisel
[Tome I, Londres]


Dernière édition par Gabrielle le Sam 7 Juin - 14:07, édité 8 fois
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Gabrielle
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MessageSujet: Re: La Taverne   Ven 6 Juin - 23:43

Gabrielle poussa la porte de la taverne et s’arrêta dans l’embrasure. Elle pencha la tête sur le côté et regarda l’agitation qui régnait à l’intérieur. Blasée. Ces gros lourdauds étaient encore en train d’hurler, accompagnant leurs dires grossiers de gestes obscènes. Vraiment aucune classe… Elle commença à marcher vers sa table habituelle (table que le patron prenait soin de nettoyer tous les soirs avant l’arrivée de la demoiselle), et, comme à l’accoutumée, elle se fit siffler. Il faut dire que la plupart des femmes qui pénétraient ici étaient des prostituées, et que Gabrielle, avec sa démarche princière, son regard hautain et son physique encore enfantin, n’avait vraiment pas l’air d’en être.

Elle s’assit à sa place, droite, majestueuse. Des habitués l’abordèrent et, une fois de plus, tentèrent leur chance à coup d’allusions abjecte non dissimulées. Les effluves d’alcool mêlé de crase qui émanaient d’eux lui donnaient envie de vomir. Des porcs. Elle secoua nonchalamment sa fine main blanche et, comme obéissant à une autorité supérieure, les nuisibles retournèrent à leurs occupations.

On pouvait se demander ce qu’une jeune fille fine et délicate comme celle-ci venait faire, presque tous les soirs, dans un endroit pareil. La plupart des clients arrivèrent vite à la conclusion qu’elle était la fille d’un homme important de la haute, et qu’elle cherchait à échapper aux tourments de sa vie luxueuse ; d’autres, plus tordus, conjecturèrent qu’elle était la fameuse « Mante Religieuse », dangereuse criminelle recherchée dans tout le pays pour le meurtre d’un nombre incalculable d’hommes qu’elle aurait épousés et tués le lendemain. Bien sûr la réalité était toute autre, Gabrielle n’avait, heureusement, rien à voir avec la haute société londonienne, et, malheureusement, pas le droit de tuer les humains directement. La Gardienne venait ici pour observer les hommes ; bien qu’ils l’écoeuraient, ils étaient intéressants, et surtout bien plus amusant que tous ces coincés des beaux quartiers.

Quand le patron de l’établissement la vit, il se dépêcha d’aller prendre sa commande. Elle le reçut avec un grand sourire et, pour ne pas changer, elle ne demanda qu’un repas frugal et une pomme rouge. Quand le patron fut repartit elle posa son coude sur la table, calla sa tête dans la paume de sa main et regarda paresseusement la vie de la taverne. Elle se demanda ce que faisait Alice en ce moment. Hum… C’est vrai qu’elle commençait à s’ennuyer à venir ici tous les soirs, il s’y passait plus ou moins toujours la même chose : buveries, insultes, des hommes bourrés qui s’écroulaient, et parfois un enfant qui venait acheter une bouteille d’alcool pour sa mère… Bah, peut-être que quelque chose de différent allait survenir ce soir !

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Rien au monde, après l'espérance,
N'est plus trompeur que l'apparence.

Charles Perrault
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Ezekiel
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MessageSujet: Re: La Taverne   Jeu 12 Juin - 21:39

Ezekiel rentra dans la taverne avec la ferme intention de noyer les soucis d'une journée trop mal commencée. Il pris place au bar et commendat un verre d'alcool. Il se fit bousculer par un homme qui avait sans doute la ferme intention de noyer les soucis de toute une vie... Mais le jeune homme n'y fit pas attention, trop préoccupé à se demander comment manger tout les jours après s'être fait virer de son poste en tant que balayeur dans un autre bar, un peu plus loin. Ezekiel se retournat pour observer la salle.

Un premier homme faillit tomber en essayant coute que coute de sortir d'ici en s'appuyant contre le mur, un autre qui venait, on ne sait trop pourquoi, de lever sa pinte en l'air en chantant quelquechose d'inaudiblement articulé, une jolie jeune femme qui, à premiere vue, n'avait pas sa place parmis ces vieux débris à en juger uniquement par ses vêtements, le patron à moitié endormis écoutant les déboires d'un vieil homme qui laissait s'échapper une ou deux larmes de temps en temps, un trio qui commencait une partie de carte et finalement son regard se posa sur le premier homme qui venait de s'écrouler en trébuchant sur la marche de la sortie.

Ezekiel prit son verre d'alcool, le porta à sa bouche et en avala une bonne gorgée ce qui lui valut de faire une belle grimace, lui qui n'était habitué qu'à la biere fût bien surpris! Il s'étonnait que les gens d'ici puissent encore parler apres des litres de ce liquide si fort! Au bout d'un moment les pensées du jeune homme se remplisserent de désespoire, voir la vie en noir avec un coup dans le nez ce n'est pas tres agreable, loin de là! Puis vint la suite logique des idées sombres; amours perdus, famille absente, sentiment d'inutilitée, certitude d'inutilité, perte du gout de vivre.

Ezekiel commandat un autre verre.

Puis encore un, et un autre...
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Alice
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MessageSujet: Re: La Taverne   Ven 13 Juin - 1:02

(Bienvenue à toi Ezekiel :) Je suis ravie de te voir parmis nous (2...wouhou, quel chaleureuse famille :D ) excuse nous de ne pas être présente en ce moment, nous sommes toutes les deux en pleins révisions pour le bac, mais d'ici une ou deux semaines nous serons à nouveau présentes sur le forum, si d'ici là tu pouvais rameuter une ou deux autres personnes histoires que le jeu prenne forme et devienne interressant, ca serait top super
Au plaisir de te lire,
Alice)
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Gabrielle
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MessageSujet: Re: La Taverne   Mar 24 Juin - 15:05

Gabrielle s’ennuyait. Il n’y avait rien d’autre à dire elle s’ennuyait ferme. Elle avait naïvement espéré que quelque chose d’exceptionnel se passe, mais il fallait se rendre à l’évidence : ce soir serait exactement comme les autres. Elle poussa un soupir et se leva lentement. Avant de partir elle voulait du jus de pomme, le patron devait bien en avoir un peu en stock ! Ce n’était pas comme si ces gros poivrots en buvaient !

Elle se dirigea de son habituelle démarche hautaine vers le comptoir, en évitant soigneusement de toucher qui que ce soit. Le patron écoutait d’une oreille peu attentive un vieil homme lui conter ses malheurs. Il eut un sursaut quand elle se racla la gorge pour marquer sa présence, et lui demanda ce qu’elle voulait avec un grand sourire. C’est fou ce que cet homme pouvait être hypocrite ! Elle prit son air de jeune fille sage est innocente et lui demanda du jus de pomme. La Gardienne fut impressionnée par la rapidité avec laquelle l’homme fit disparaître l’expression de surprise la plus totale qui venait d’apparaître sur son visage. Il lui affirma qu’il lui apporterait sa commande dans quelques instants, bien qu’elle sut pertinemment qu’il aurait à fouiller sa cave pour trouver ce que cherchait l’exigeante demoiselle, et il disparut derrière une porte un peu à l’écart. Elle avait décidé que dorénavant elle se trouverait une autre occupation du soir, elle avait bien le droit de demander quelque chose d’un peu extravagant avant de partir ! Pendant les quelques minutes où le barman fut absent, elle promena son regard sur la salle. A sa droite l’homme dont elle avait interrompu la biographie pleurnichait en se mouchant dans sa manche déjà bien sale. Un peu plus loin un vieil habitué ronflait, la tête posée sur le bar, entouré de bouteilles vides, de la salive coulant de sa bouche ouverte. A une table voisine se disputait une partie de cartes. Se disputait, oui, pour l’instant s’en était là, mais il y avait fort à parier que d’ici quelques minutes ça dégénèrerait. Non loin le baryton raté de la taverne chantait sa traditionnelle et incompréhensible chanson. A la gauche de Gabrielle, au bar, un homme, plus jeune que la moyenne et qu’elle n’avait encore jamais vu, était dangereusement engagé sur la pente de la débauche : il était en train de boire cul sec un verre de cette étrange mixture dont se vantait tant le patron, et, vu l’insistance avec laquelle il s’agrippait au comptoir, ce n’était certainement pas son premier verre. Sans doute était-il là pour oublier, comme tous les autres. Les hommes n’étaient jamais contents de ce qu’ils avaient !

Le patron revint avec une cruche presque pleine de jus de pomme. Il en versa un verre à sa cliente qui le bu d’une traite. Ah ! Le jus de pomme ! Bien qu’elle ne soit pas humaine, les pommes agissaient sur elle comme une drogue. Elle paya le patron et se dirigea vers la porte d’entrée.

Arrivée devant la sortie elle s’arrêta et sortit d’une poche intérieure de sa veste une bague en or sertie d’un rubis qu’elle avait volé à une bourgeoise. Elle venait d’avoir une idée, une idée pour marquer son départ. Elle monta sur la corps d’un homme qui avait dû s’assommer en trébuchant dans les marches, se tourna vers l’intérieur de la salle et siffla pour que tout le monde l’écoute. Quand le silence ne fut plus troublé que par les ronflements de l’ivrogne étalé sur le bar, elle brandit la bague au dessus de sa tête et dit d’une voix forte :

« Au plus fort ! »

Puis elle la jeta au milieu de la salle et sortit de la taverne, prenant bien soin d’écraser l’homme qui lui avait servi de perchoir.
La suite ne la regardait pas…

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Lidya
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MessageSujet: ai   Ven 16 Jan - 21:36

Lidya était là, comme tous les soirs d'ailleurs. Depuis deux ans. Elle commençait à s'habituer à l'odeur du l'alcool, au cris des hommes, aux bagarres violentes. Elle pensait avoir tout vu de cet endroit miteux. Elle avait couché avec au moins la moitié des personnes ici. Elle pensait vraiment avoir tout vu, de la bourgeoise en quête de sensation à la bagarre à mort pour une choppe de bière renversée. De l'arrivée de policiers qui poursuivaient un matelot et qui avaient été amoché par les gens à cette fille qui semblait venue d'un autre monde, qui avait plus de classe que les bourgeoise et qui venait pourtant tous les soirs. Mais ça, jamais. Cette même femme qui lance une bague splendide en hurlant "Au plus fort !" était au delà de son imagination. En plus, celle-ci semblait l'avoir fait avec la même désinvolture que quand on achète une chope de bière. Incompréhensible, se dit Lidya. Ces bourgeois ne savent plus quoi faire pour se divertir. Pendant que des pauvres meurent de froid, ceux de la haute ne trouvent rien de mieux à faire que de les regarder s'étriper. Pitoyable !
Elle s'était toujours demandé qui était cette femme. Elle la fascinais, par sa distinction, par ses manières ... Dans un sens, elle aurait tellement voulu lui ressembler ! Mais elle ne l'admettait pas. Elle faisait semblant de la mépriser, elle et son petit air hautain de ... Pourtant, au fil du temps, cette fille était devenue une sorte de modèle pour la petite Lidya ! Elle s'entrainait des heures durant à tenter vainement d'imiter sa démarche, ses gestes.

Alors que la bagarre battait de son plein, Lidya regretta un instant de ne pas être née garçon. Déjà, elle ne ferait pas ce stupide métier déshonorant. En plus, elle serait entrain de se battre pour cette bague. Là, elle était condamnée à l'état de spectatrice de la scène. La bagarre virait au massacre quand elle en eut marre. Elle décida de sortir, car obtenir un client semblait désespéré après cette histoire de bague. Mick la battrait sûrement pour ne pas ramener d'argent, mais tant pis. Trop, c'était trop.

Elle sortit. L'air était froid, c'était plutôt agréable. Lidya inspira une goulée d'air, cet air qui n'empestait pas la taverne. Elle commença à marcher. Pour aller où ? Rentrer si tôt était exclu, alors ? Elle se décida à essayer de rattraper la femme à la bague, histoire de faire quelque chose. Elle avait une chance sur 1000 de la retrouver, mais qui ne tente rien, n'a rien !

Elle commença à arpenter les rues. Elle débuta par les "grandes" rues, avant d'aller vers les plus petites. Un instant elle crut l'apercevoir, et elle couru pour tenter de la rejoindre. Elle arriva à sa hauteur . C'était bien elle. Essayant de contrôler la panique qui l'envahissait, parce qu'elle ne savait pas quoi dire, elle tenta un minuscule :

"Bonjour."
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Gabrielle
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MessageSujet: Re: La Taverne   Lun 19 Jan - 12:30

Gabrielle était sortie de la taverne sans se retourner. Il est vrai que la plupart du temps, voir des humains se battre pour des broutilles la distrayait, mais ce soir elle s’en moquait royalement. Elle commença donc à cheminer à travers les rues de Londres, sans but précis, ses pensées sautant du coq à l’âne sans raison.
Peut-être pourrait-elle essayer de trouver Alice ? Non, finalement non…
Ah ! Ce que les humains pouvaient être stupides quand ils le voulaient ! Un peu d’or et on ne les contrôlait plus !
Elle n’avait pas envie de retourner voir son arbre non plus, elle préférait s’amuser un peu avant…
Oh ! Un petit chat ! Il ne devait pas avoir mangé depuis plusieurs jours… En même temps, quelle idée de fouiller les poubelles d’un quartier pareil !
Si la Gardienne détestait les Hommes, elle était en revanche très protectrice en ce qui concernait les animaux ! Elle prix donc le chaton roux dans ses bras et continua d’avancer. Elle le câlinait, le regardait chaleureusement, elle en aurait presque été méconnaissable ! C’était tellement différent de son comportement habituel.

Soudain elle entendit une voix timide.


« Bonjour »

Il ne faisait aucun doute que c’était à elle que la voix s’adressait : il n’y avait personne d’autre dans la rue.
Gabrielle se retourna brusquement. Elle avait retrouvé son regard froid et hautain, et jugeait le propriétaire de la voix d’un œil critique. C’était une femme, une jeune fille plutôt, quinze ans tout au plus, mais son visage montrait qu’elle avait déjà vécu plus de choses que n’importe quelle fille de bourgeois. C’était tout à fait normal dans les quartiers pauvres de Londres ! Mais cette fille lui était familière, elle avait déjà vu ces traits, ces cheveux, cette robe… Mais bien sûr ! C’était une des prostituées de cette taverne miteuse qu’elle venait de quitter ! Voulait-elle lui rendre des comptes au sujet de la bague ? Ah ! Cette petite était bien présomptueuse si elle pensait pouvoir l’affronter ! Le regard de la gardienne se durcit un peu plus. Laissant encore s’écouler quelques secondes, elle resserra son étreinte sur le chat, et, d’une voix claire, demanda enfin :


« Que me veux-tu ? »

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Lidya
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MessageSujet: Re: La Taverne   Lun 19 Jan - 23:55

Le coeur de Lidya s'emballa. Elle était enfin face à celle qu'elle admirait et qu'elle détestait. Son idole et son ennemie la plus profonde. Son idéal et sa haine. Cette femme qui se distinguait tellement des autres. Cette femme méprisante dans son attitude. Cette femme sortie d'un autre monde. Cette femme aux origines on ne peut plus snob. Et pourtant. Une de ces dames qui fait rêver les petites filles. Une de ces dames qui sont si bien, qui semblent si ... si parfaites que Lidya en rêvait la nuit. Un de ces dames que quiconque rêve d'être. Tout ça pour dire que Lidya avait peur. Peur dans cette ruelle sombre de Londres. Peur de briser ses rêves de gamines. Peur de parler, de bouger. Peur de cette femme au regard si dur. Peur. Cette peur qui vous prends aux entrailles, qui vous les tords. Cette peur qui vous donne des forces incroyables ... pour fuir. Cette peur qui fait battre le coeur à tout allure, qui fait monter le rouge aux joues. Bon, il y a aussi la timidité. C'est vrai que le rouge est plus du à la timidité. Mais bon.
Ses jambes flaggeolaient un petit peu. Elle se demanda soudainement pourquoi elle était partie de la taverne. Pourquoi elle avait décidé de chercher cette inconnue. Pourquoi elle avait décidé de lui parler. La prochaine fois, elle y refléchirait à deux fois !
La seule chose qui la rassurait était ce chat. Qui respecte les animaux respecte les hommes. Enfin, en principe. Mais les yeux du chat, à moitiés plissés au contact de la femme, l'appaisaient. Elle n'aurait pas su dire pourquoi. Il y a de ces choses, des fois qui sont inexpliquable. C'en était une.
Lidya se rendit compte qu'elle devait avoir l'air bécasse à ne rien dire. A juste regarder de temps en temps le visage de son interlocutrice. Mais elle ne savait pas quoi répondre. "Que me veux tu ?". Et bien justement, elle ne savait pas. Si elle avait été en colère contre cette bourgeoise, ses revendications avaient disparues dès le premier regard. Fondue comme de la neige. Non, non, Lidya n'est pas froussarde ! Elle finit par se décider à être franche sans pour autant dévoiler l'ambivalence de son ressentit à son égard(quitte à être trouillarde, autant ne pas sombrer dans le ridicule ; elle se doutait que si elle lui demandait pourquoi elle buvait du jus de pommes, elle n'allait pas être crédible ...).

"Je ... je vous observe depuis un temps ... certain. Je ... je me posais souvent ... enfin comme tout le monde quoi ... fin, qui vous étiez ... enfin vraiment. Vous ... semblez si ... distinguée que ... que vous jurez avec le reste de la taverne. Ca me démangeait depuis ... un certain temps de vous parler, et ... la ... enfin vous ... vous m'en avez donné l'occasion. Vous êtes si ... si intrigante. Mais, si je vous dérange ... enfin, si vous avez d'autres chats à .. euh je voulais dire autre chose à faire ... enfin vous pouvez partir si vous voulez ..."

Lidya n'avait jamais autant du hésiter en parlant, ni dire autant de "enfin". Bon. Elle n'avait pas vraiment répondu à la question, mais elle avait au moins dit quelque chose.
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